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Une Journée intense de rencontre, d'émotions partagées. Un don de notre ami Denis Pompey.
http://www.ldh-france.org/docu_hommeliber2.cfm?idhomme=1790
N°136 - Quelles sécurités dans une "société du risque" ?Ligue des droits de l'Homme
AgoraVox le media citoyen POUR UNE VISION POSITIVE DE LA MONDIALITE
Le gouvernement veut aller vite sur le principe du « droit au logement opposable ». Une loi devrait être présentée au Parlement avant la fin de la législature. AU LENDEMAIN des voeux prononcés par le chef de l'État, qui souhaite que « le
droit au logement devienne une réalité », le problème du
« mal-logement » s'impose au coeur de la rentrée politique. Cet après-midi,
le premier ministre recevra Xavier Emmanuelli, président du Haut Comité pour le logement
des personnes défavorisées (HCLPD), qui doit lui remettre un rapport sur le
« droit au logement opposable ». À l'issue de cette entrevue, Dominique de
Villepin présentera les grandes lignes d'un futur texte de loi sur ce thème, qui devrait
être soumis au Parlement dans la première quinzaine de février et pourrait entrer en
vigueur le 1er janvier 2012. À l'approche de la campagne présidentielle, l'action médiatique des Enfants de Don
Quichotte replace les problèmes de logement au centre du débat public. Au printemps
dernier, déjà, le premier ministre avait souhaité expérimenter le principe du
« droit au logement opposable », invitant le Haut Comité à lui faire des
propositions. Depuis, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy s'est engagé sur la même
voie et a demandé, fin décembre, à l'avocat Arno Klarsfeld de réfléchir à « la
mise en oeuvre du droit à l'hébergement ». Hier, le député (UMP) Georges
Fenech lui a emboîté le pas en publiant une proposition de loi instituant un
« droit au logement opposable ». Pressés par la montée au créneau des nombreux responsables politiques, les ministres
responsables du dossier, Jean-Louis Borloo et Catherine Vautrin, reçoivent depuis hier
plusieurs associations du secteur du logement et de l'aide aux sans-abri, dont le Droit au
logement (DAL), les Enfants de Don Quichotte ou encore la Fondation Abbé Pierre.
Hier, plusieurs élus locaux ont commencé à exprimer leur inquiétude sur une réforme
dont ils pourraient avoir à supporter la mise en oeuvre. QUEL CALENDRIER POUR LA RÉFORME ? Après avoir pris connaissance des
recommandations formulées par Xavier Emmanuelli, le premier ministre doit présenter dès
aujourd'hui son calendrier. « L'objectif est d'aller très vite », confie-t-on
à Matignon. Il est vrai que les débats parlementaires seront clos le 22 février.
Le projet de loi instituant le « droit au logement opposable » pourrait être
examiné parmi diverses dispositions du ministre de la Cohésion sociale déjà inscrites
à l'agenda parlementaire. Partisan de cette réforme depuis des années, Pierre Saglio,
président d'ATD-Quart Monde, avertit toutefois : « Attention, en allant
trop vite on risque de faire une mauvaise loi, or il est essentiel que ce texte soit la
première étape d'un engagement politique fort. » Quoi qu'il en soit, le
« droit au logement opposable » ne devrait être mis en oeuvre que
progressivement, comme cela a été fait en Écosse. « Lors de travaux
préparatoires, le HCLPD a envisagé un dispositif par étape, raconte un responsable
associatif. Jusqu'en 2012, seules les personnes les plus défavorisées pourraient
faire valoir ce droit. Puis il serait étendu à toutes les familles avec enfants, avant
de bénéficier à tous en 2014 ». Au ministère du Logement et de la
Cohésion sociale, on fait valoir que la mise en oeuvre de cette réforme est étroitement
liée au programme de construction dans le cadre duquel 90 000 logements sociaux ont
été bâtis en 2006.
Tel est le cas dEsther Mésopotamie, qui, outre quelques seconds rôles, met en scène un trio de personnages, pas vraiment à huis clos mais souvent rassemblés dans un même immeuble parisien. Venue du Cap-Vert, Anabella Santos João en est depuis trente ans la truculente gardienne, tandis quOsias Lorentz, surnommé Doktor, aimable sexagénaire spécialiste des civilisations mésopotamiennes, est propriétaire du cinquième étage où il laisse depuis vingt ans à la narratrice du roman lusage dun studio qui lui fait office de bureau pour ses austères travaux de traduction. Voici posées les bases de lintrigue dEsther Mésopotamie : Osias et les deux femmes essentielles de sa vie, la « gardienne-démon » et lintellectuelle ironique. Quen est-il dEsther ? Eh bien, ladite Esther est une énigme, une absence la jeune femme dont un jour Osias a avoué être amoureux, suscitant la curiosité plus ou moins jalouse des deux autres. Curiosité : à dire vrai, le mot est un peu court. Cest quentre les trois personnages circulent des sentiments et des émotions qui, comme des courants marins, ne se laissent pas aisément saisir. Des sentiments mêlés daffection, de désir, de pudeur dont lalchimie secrète se dérobe à la définition, dont les contours tremblent et fluctuent, et dont lincomparable sens de la nuance de Catherine Lépront donne à sentir toute la riche et savante complexité. Une chose semble certaine : lélan que ressent la narratrice pour Osias ressemble bel et bien à de lamour pur et simple, mais un amour résolument tenu secret depuis vingt ans, semblable en cela à lamour muet quOsias voue à linvisible Esther. Pourquoi, chez la jeune femme, ce choix dun amour tu ? Il se trouve que toute son existence se déroule en quelque sorte en marge de la vie. Elle se tient sur le seuil pour mieux dire : dans le vestibule et préfère passer ses journées « le dos tourné au futur, la tête à lenvers dans le temps » plutôt que de regarder vers lavant. Sans doute parce que vivre cest admettre la perspective de la mort. Parce quaimer cest accepter la mort possible de cet amour. Parce quen toute chose humaine la fin est là, présente, dès les commencements. Il faudrait pouvoir dire avec quelle intelligence la narration de Catherine Lépront hisse peu à peu la jeune femme hors de son enfermement, comment le huis clos souvre à cet instant à la rumeur du monde jusqualors absent de lhorizon. Il faudrait pouvoir dire surtout avec quelle pénétration poétique, et sans recours à la psychologie, lécrivain sonde les curs et les âmes. Et en quelles profondeurs merveilleusement troublantes, avec elle, on évolue. Nathalie Crom Ed. du Seuil, 218 p., 19 . Paraît aussi, chez le même éditeur, dans la coll. Réflexion, Entre le silence et luvre, recueil de textes sur lécriture, 348 p., 21 . Télérama n° 2973 - 6 Janvier 2007telerama.fr Esther Mésopotamie
Clichy sans clichés
Arte. Une remarquable fiction revient sur laffaire qui a
embrasé les banlieues françaises en novembre 2005.
Le 27 octobre 2005, trois jeunes de Clichy-sous-Bois poursuivis par la police se
réfugient dans un transformateur EDF. Deux y mourront électrocutés, le troisième
grièvement blessé trouvera la force de donner lalerte. Dès le lendemain du drame,
le ministre de lIntérieur soutient une version mensongère des faits : il ny
a pas eu de course-poursuite. Il faudra attendre huit jours pour que soit ouverte une
information judiciaire. Cette vérité, niée au plus haut sommet de lEtat, sera le
détonateur dune explosion sans précédent des banlieues françaises. Trois
semaines démeutes ont réveillé la mauvaise conscience dune société sourde
à la détresse de ses cités. Plus dun an après, du côté des autorités, le
silence a remplacé les déclarations tonitruantes. Les institutions démocratiques ont
failli, des familles ont été méprisées, cétait à 17 km de Paris, surtout
nen parlons-plus
Isabelle Poitte (1) Deux plaintes ont été déposées, lune pour non-assistance à personne en
danger, la seconde pour mise en danger délibérée
Télérama n° 2973 - 6 Janvier 2007telerama.fr Clichy sans clichés
http://www.dailymotion.com/video/xu2cv_la-politique-de-demain
23/01/2007 15:31 Cardinal Lustiger : "L'amour du prochain vécu par amour du Christ" Cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque émérite de Paris : «On ne le remplacera pas ! La figure de labbé Pierre, cest limage du clergé francais comme il apparaissait dans le film Monsieur Vincent avec Pierre Fresnay en 1954. Labbé Pierre avait la même silhouette quand il est entré sur la scène publique, un peu comme si saint Vincent de Paul avait fait un saut de deux siècles ! Pour les Français, chrétiens ou non, il a donc porté cette image de lamour des pauvres dont les saints du passé ont été les témoins et les représentants. Chacun reconnaissait en lui comme un resurgissement de cette évidence, de cette exigence, de lamour du prochain vécu par amour de lÉvangile et par amour du Christ. Cest une sorte de défi spirituel, mais il est resté fidèle jusquau bout à cette image quil a assumée malgré un demi-siècle de changements dans la société française. Cest un redoutable défi personnel pour celui qui le porte, et une tâche terrible et difficile de symboliser un tel aspect dans une conscience nationale Jai toujours prié pour que le Christ donne à labbé Pierre la force et la fidélité de répondre à ce quil avait lui même choisi comme chemin, parce que cest un chemin difficile. Qui aujourdhui se chargera de cela ? Lhéritage de labbé Pierre est multiple. Cest une figure qui restera et qui a marqué une époque, mais je doute que lon puisse se disputer un héritage pareil. Ce quil a dit et voulu faire pour le logement, par exemple, ou pour la situation des plus pauvres est actuellement largement entendu et assumé par de multiples organisations qui peuvent ou non se réclamer de lui, et qui couvrent tout lhorizon des convictions religieuses, humanistes ou laïques. Ainsi, se reconnaître dans celui qui a rappelé cette exigence est une manière dhonorer une richesse patrimoniale de la conscience commune des Français. Il a dailleurs toujours été « lAbbé », même si les prêtres aujourdhui ne sappellent plus comme cela. Et sa popularité révèle comme en écho la figure du prêtre français exprimée laïquement au plus profond de la mémoire de notre pays. »
Lobsession dune vie par Noël Bouttier Il devait sy attendre, le saint homme,
à être couvert déloges le jour où il allait prendre la tangente. Cest
effectivement ce qui sest passé dès ce matin du 22 janvier où le cur de
labbé Pierre sest arrêté de battre. Certes, on na pas lieu de douter
de la sincérité des superlatifs qui ont été prononcés ou écrits depuis. Le vieil
homme a touché, ébranlé, à un moment ou un autre, chacun, par-delà son identité de
croyant ou dathée, de riche ou de pauvre, de personnalité ou danonyme. Et
cest sans doute la force dune icône de ne pas connaître de frontière et de
toucher ce quil y a de plus sensible en nous. Labbé Pierre était un symbole,
assurément. http://www.lejourduseigneur.com/accueil/l_evenement/hommage_a_l_abbe_pierre_en_video
événement FSM . Plusieurs milliers daltermondialistes se sont retrouvés samedi à Nairobi (Kenya) pour la 7e édition du Forum social mondial, ouvert sous le signe de la diversité et de la solidarité. Nairobi (Kenya), envoyée spéciale. « Tu aurais le contact de ce mouvement indien ? » Un responsable de quartier dun bidonville de Nairobi au pantalon élimé demande des précisions à un Indonésien, jeans et chemise blanche immaculée, qui vient de lui expliquer comment les pressions des sans-toit indiens ont contraint leur Parlement à un débat sur le droit au logement. La scène résume lesprit dans lequel sest ouverte, samedi au Kenya, la septième édition du Forum social mondial. Au terme dune marche de 8 kilomètres partie du bidonville de Kibera, un des plus grands dAfrique, la foule sest retrouvée sur la colline verdoyante du parc dUruhu, un mot qui en kényan signifie liberté. Là, dans une ambiance de kermesse, les foulards violets de la marche des femmes ont croisé les processions blanches des mouvements religieux, très puissants au Kenya, les T-shirts rouges des Américains pour une justice globale se sont faufilés à côté des chapeaux verts de Via Campesina, plate-forme mondiale dorganisations paysannes, pendant que dans un coin les grands boubous brodés du Front Polisario agitaient les drapeaux de leur pays occupé par le Maroc. Alors que sur la scène les promoteurs du mouvement ont défilé, enchaînant les discours, les militants se sont découverts, rencontrés, parlé. Chacun a commencé à prendre des contacts pour des luttes à venir. La solidarité est le maître mot. Chacun veut à la fois « faire connaître sa cause », comme lexplique Htoo Chit, un opposant au régime dictatorial birman, et apprendre des autres. « Cest toujours intéressant de rencontrer dautres gens pour connaître leurs cultures, leurs visions », résume Malainin Lakhal, secrétaire général du syndicat des journalistes du Sahara-Occidental. Sophie Acan Odeng, cheveux en boucles permanentées et T-Shirt bleu turquoise, espère partager lexpérience de lorganisation de femmes séropositives ougandaises quelle coor- donne parce que « nous menons des batailles pour obtenir les droits quon nous refuse ». Droit à la terre, droit à leau, souveraineté alimentaire, lutte contre la dette, cause palestinienne, droit des femmes, bataille contre les - expulsions dans les bidonvilles, droits syndicaux, droits de lhomme : en plus des différences culturelles, chacun est venu avec son combat. Et si le forum est bien, ce jour-là, « lespace de dialogue, déchanges, dapprentissage mutuel » que vante Chico - Withaker, un des Brésiliens à lorigine du mouvement, tous ici veulent remettre le respect des hommes au coeur de la gouvernance mondiale. « Nous sommes unis contre ceux qui exploitent notre richesse, notre terre, nos enfants », hurle dans le micro la porte-parole de Via Campesina. Le mouvement altermondialiste na peut-être pas changé le monde, mais il peut se vanter davoir, comme le résume le prix Nobel de la paix sud-africain Desmond Tutu, « mis certains sujets au centre des débats ». « un continent quon a rendu pauvre » LAfrique, qui accueille le FSM pour la deuxième fois (lan dernier un forum décentralisé a eu lieu au Mali), tient une place particulière dans cette lutte pour un monde plus juste. « Le système que nous combattons ne donne pas de place aux gens de ce continent », a rappelé Candido - Grzybowsky, qui dirige au Brésil un centre danalyse économique et sociale. Pour tous, il était important de se réunir ici, parmi ceux qui sont le plus frappés par la misère et liné- galité. Sur ce continent « qui nest pas pauvre, mais quon a rendu pauvre », comme lexplique un militant bangladais. Beaucoup, dailleurs, soulignent la continuité entre le mouvement altermondialiste et les luttes pour la décolonisation et contre lapartheid. Une continuité symbolisée par la présence de Kenneth Kuanda, ex-président zambien et soutien actif de lANC, et dautres mouvements démancipation, dont il égrène à la tribune les noms des dirigeants. Cette fois encore, lenjeu est pour la société civile africaine de se rencontrer, de sorganiser pour pouvoir se saisir des problèmes et peser davantage sur les décisions qui engagent lavenir de leur continent. À Nairobi, chacun prend conscience quil nest pas seul. « Quand je regarde la foule, je me dis voici nos amis, notre famille. Être ici me donne le sentiment de ne pas me battre seul, cest important pour pouvoir continuer », estime Budi Tjahjono, un Indonésien du mouvement chrétien Pax romana. Lénergie et lenthousiasme générés par les rencontres du FSM servent de moteur aux combats à venir. Ainsi ce représentant du mouvement des dalit, les basses castes indiennes en lutte pour une reconnaissance dun véritable statut, veut puiser une force nouvelle dans le partage didées avec les groupes locaux, privés comme lui daccès à la terre. agir est désormais une priorité du fsm Mais au-delà du lien de ceux qui luttent sur des thèmes similaires, les discussions du forum permettent « aux différents groupes de faire converger leurs visions », souligne Gustave Massiah, président du Centre de recherche et dinformation sur le développement (CRID). « Au fil du temps, on a compris quon ne peut pas parler dinégalités sans parler de discrimination, que la lutte pour la liberté et la démocratie est un élément de libération sociale, que les droits économiques et sociaux sont des droits de lhomme, que la souveraineté alimentaire implique la prise en compte de lécologie. Cest une nouvelle culture politique qui se construit. » Agir est désormais une priorité du FSM. Pour cette édition, une journée sera donc « totalement consacrée à faire fonctionner cette recherche dactions communes », a rappelé Chico Whithaker. À limage de la lutte pour laccès aux antirétroviraux, dans laquelle convergent les pressions des organisations de malades du Sud, des ONG médicales occidentales, mais aussi des militants contre la propriété intellectuelle. Pour contraindre les firmes pharmaceutiques à accepter la production de génériques à bas prix, lidée est délaborer des campagnes communes, dans lesquelles chacun joue un rôle propre à partir de ses problèmes et de ses capacités daction. Un activiste américain résume : « Nous devons faire fonctionner les réseaux, construire des coalitions pour que ce mouvement pèse sur le monde. » Camille BauerLe Web de lHumanité LAfrique au carrefour des luttes - Article paru le 22 janvier 2007
http://www.liberation.fr/dossiers/fsm/comprendre/_files/file_230168_448659.pdf http://www.liberation.fr/dossiers/fsm/comprendre/_files/file_230168_485404.pdf
Petite mise au point autour de laffaire des "caricatures" Je ne voulais pas en parler mais, devant le raz-de-marée des postures bien-pensantes, je sors de mon silence juste le temps de préciser deux ou trois choses. Jai déjà dit pas mal de choses à ce sujet il y a un an. Mais les fausses évidences marquent plus les esprits, surtout quand elles sont du registre des préjugés, des bas instincts et non des réflexions construites, élaborées dans un perpétuel questionnement du monde.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19040
URL TRACKBACK : http://www.agoravox.fr/tb_receive.php3?id_article=19748AgoraVox le media citoyen Sans-papiers retour à l'Etat de droit
L intellectuel européen doit-il renoncer à la mélancolie ?
DEst en Ouest, des intellectuels sinterrogent :
que sont devenus leurs combats ? Après la fin des utopies, faut-il
sengager à changer le monde, ou à le repenser?
Quest-ce quun intellectuel européen ? On a beau les savoir insolubles, certaines questions brûlent toujours les lèvres. Un intellectuel européen, ça ne se définit pas : on le sait quand on en rencontre un, cest tout. Sauf peut-être quand « on » sappelle Wolf Lepenies. En 1991-1992, à linvitation de Pierre Bourdieu, ce sociologue allemand, directeur du Wissenschaftskolleg à Berlin, sest attaqué à lénigme pendant un an à la chaire de civilisation européenne du Collège de France. Sacré timing ! Le mur de Berlin « mur porteur » du débat intellectuel depuis trente ans vient de tomber, entraînant dans sa chute tout le bloc de lEst ; l« empire du mal » agonise, les frontières de lEurope subissent un début de lifting et le monde se pare dun air « global ». L« intellectuel européen » peut se gratter la tête devant tout ce chambardement, groggy.Quinze ans ont passé. Le cours de Wolf Lepenies vient juste dêtre publié, et ce passionnant portrait de lintellectuel européen en mélancolique na rien perdu de son intérêt ni peut-être de son actualité. En mélancolique, oui. Car depuis sa naissance, au XVIIe siècle, lhomo europaeus intellectualis est sujet à cette « tristesse rêveuse » : « Il souffre du monde , expliquait le sociologue allemand dans sa leçon inaugurale. Il tente dexprimer cette souffrance, et finalement il souffre de lui-même parce quil peut seulement réfléchir et non agir. » Et son martyre ne sarrête pas là : comme il ne veut pas « commettre un sacrificium intellectus et faire passer le monde pour meilleur quil nest, il doit rêver et imaginer un monde meilleur. Cest alors que naît lutopie, ce genre qui accompagne léveil de lEurope à lépoque moderne. » Et qui, quand Wolf Lepenies prononce ces mots, en 1991, finit de seffondrer avec le mur berlinois. Mais la mélancolie, quest-elle devenue ? Elle nest plus ce quelle était, mais a-t-elle disparu pour autant ? Loccasion était belle, quinze ans après, de retourner voir Wolf Lepenies pour lui demander ce quil ajouterait ou retirerait à son portrait. Et daller rencontrer quatre grandes figures du Vieux Continent, texte en main, pour quelles se joignent à la réflexion. Il y a quinze ans, citant Valéry, Lepenies désignait Hamlet comme la figure emblématique du penseur européen. Hamlet qui, « depuis la terrasse de son château au Danemark, contemple lEurope, ce continent de la mélancolie ». Mais pour beaucoup dintellectuels, dans les années qui précèdent la chute du Mur, « To be or not to be » nétait pas la question : « To do or not to do » (agir ou ne pas agir) faisait mieux laffaire. Bronislaw Geremek en parle dexpérience : médiéviste, dissident politique (au sein du syndicat Solidarité), homme de pouvoir (il fut ministre des Affaires étrangères de la Pologne de 1997 à 2000), et aujourdhui député européen, il a connu la trajectoire « complète » de lintellectuel. Dans son bureau du Parlement européen, il raconte comment, un jour daoût 1980, lui qui avait « justement choisi détudier le Moyen Age pour séloigner du présent », sest transformé en intellectuel engagé : « Japportais une lettre de soutien à Lech Walesa et aux ouvriers en grève du chantier naval de Gdansk. Walesa ma dit : Je vois ici beaucoup de noms célèbres, mais concrètement, comment pouvez-vous nous aider ? Ce que nous pouvons vous offrir, lui ai-je répondu, cest lexpertise de chacun dentre nous dans son domaine de recherches. Une demi-heure plus tard, il revenait avec une motion des ouvriers instituant une commission dexperts. Il sest passé ce jour-là une chose historique : un moment de confiance rare entre ouvriers et intellectuels, cet événement unique où ceux dont le métier est de penser sont attendus, leurs initiatives et leurs idées souhaitées. » Lheure nétait pas à la mélancolie ni à lutopie : « Il fallait bien que nous soyons idéalistes pour croire quavec la parole nous pouvions abattre ce régime communiste policier et surmilitarisé. Mais nous étions aussi réalistes : notre action était pensée comme la tentative daller jusquaux limites du possible plus quelques millimètres dans limpossible ! sans dépasser les bornes. On nous rappelait tous les jours quon était sur la ligne rouge et que les risques de déstabilisation que nous prenions en Pologne pouvaient détruire la paix en Europe et peut-être même dans le monde. » Geremek a connu la victoire. Puis le pouvoir. Et la tristesse qui vient avec : « Cest inévitable : lintellectuel fait lanalyse critique de la réalité mais lhomme politique doit prendre des décisions . Lintellectuel qui agit en politique trahit donc sa vocation principale et se révèle souvent inefficace dans laction. » Bataille de sentiments : quand il pense aux ouvriers polonais à lorigine du changement historique de 1989, « et qui ont payé leur succès dun coût social très élevé » (la dégradation de leur niveau de vie après les privatisations, NDLR), cest de « lamertume » et du« désenchantement » que lancien dissident ressent. La mélancolie le gagne plutôt quand il songe aux livres quil na pas écrits, faute de temps. Ou lorsquil évoque les universités polonaises qui, au début des années 90, ne parvenaient pas à remplir les postes de professeurs vacants, faute de candidats, « pendant que les écoles de commerce et la Bourse de Varsovie embauchaient à tour de bras » Le désenchantement serait politique, la mélancolie culturelle ? Cest lavis de Patrick Michel, chercheur au CNRS et auteur dEurope centrale, la mélancolie du réel , une étude sur les pays dEurope centrale et de lEst depuis 1989 : « A lEst, la figure de lintellectuel nest plus enviable. Elle a très vite cessé de fasciner après la chute du Mur. A Sofia, Budapest ou Varsovie, lidée quon pouvait modifier en profondeur la réalité sociale par la réflexion et le débat politique a cédé la place aux soucis du consommateur, qui sest vite rendu compte que la démocratie nentraînait pas forcément un accès illimité aux rayons des supermarchés. Aujourdhui, on comprend mieux ces sociétés en étudiant leur rapport à la consommation quen analysant leur vie culturelle ou politique. En cela, elles nous ressemblent bien ! » La victoire en déchantant, en somme. Malgré lintégration européenne, la monnaie commune, les rêves de Constitution européenne ? Wolf Lepenies lavait pressenti dès 1991, depuis sa chaire du Collège de France. Quelque chose le gênait, dans la façon dont les experts de lOuest sadonnaient « à lillusion de la victoire finale. Comme sil ne sagissait plus, après la chute des régimes socialistes, que dassurer ladaptation de lEst à la société civile grâce à des mesures daide monétaire et à lexportation des idées directrices de lutopie libérale », prévenait-il à lépoque. Leur erreur, à ces experts, consistait à « oublier le déclin de leurs propres convictions utopiques avec la fin de lutopie socialiste ». Quinze ans plus tard, assis dans le petit salon du Wissenschaftskolleg, à Berlin, il dresse un bilan mitigé. « Lutopie communiste sest effondrée, réjouissons-nous, mais pas lutopie capitaliste, cette conviction que le progrès de la science et de la technique constitue le moyen infaillible de transformer le monde entier en une vaste société civile universelle. Celle-là, dutopie, na pas disparu. » La science na pas cessé de progresser, et avec elle ses effets indésirables, comme le réchauffement climatique. Le destin de lhomme nest plus assuré, et langoisse de Hamlet, métaphysique et romantique, fait un come-back inattendu. Au fond, la mélancolie reste peut-être bien ce quelle était : « Une de ses formes ne nous a jamais vraiment quittés , souligne lessayiste portugais Eduardo Lourenço, auteur de plusieurs études sur LE poète de la mélancolie, Fernando Pessoa, et dune Mythologie de la saudade. « Cest le sentiment daccablement de lhomme devant lénigme du monde, que peint si bien Dürer dans son tableau Melancholia. Ce sentiment a précédé linvention des sciences modernes, mais il reste prégnant maintenant que lhomme est devenu un dieu de lui-même. La science nous promettait un paradis sur terre, elle dessine aujourdhui une perspective exactement inverse et nous navons plus dutopie à lui opposer. Alors la mélancolie nous envahit de nouveau, nourrie par limpression que soit lhumanité rebrousse chemin et renonce à son comportement suicidaire, soit elle va à la catastrophe. » Limportant, comme le proclamait laffiche du film Midnight Express , « cest de ne pas désespérer ». La voie nest dailleurs pas sans issue... à lEst. Ces dernières années, le Wissenschaftskolleg a créé des antennes dans la plupart des grandes capitales dEurope centrale ou orientale et les échanges sont encourageants : « On sent que les choses bougent, affirme Wolf Lepenies, que lintérêt pour les sciences humaines renaît. Notre principale difficulté, cest de convaincre nos étudiants de Sofia ou Bucarest de travailler sur des sujets locaux alors quils nous proposent de faire des recherches sur Derrida, le postmodernisme ou Heidegger. On leur dit : parlez-nous de vous, cest cela qui nous intéresse ! » En poussant un peu, jusquen Chine et au Japon, le sociologue allemand croit même déceler un renouveau de lesprit... européen : « Quand je discute avec des chercheurs à Tokyo ou Pékin, je retrouve ce regard sur le monde qui a longtemps été lapanage de lintellectuel du Vieux Continent : une ironie, un clin dil par-dessus la mélancolie, une façon de préserver quelque chose dinaliénable malgré ladaptation au capitalisme. » Et à lOuest, rien de nouveau ? Si bien sûr. Mais lEurope semble orpheline dune certaine figure dintellectuel : « Si je suis devenu dissident, confie Geremek,si je me suis dit à un moment de ma vie : Il faut que jessaie de faire quelque chose, ce nétait pas en regardant du côté de la Vistule mais vers les bords de Seine : ma référence, cétait lattitude des intellectuels de la rive gauche dans laprès-guerre, cette façon de mettre en route rêves et émotions dans lengagement, là où lon attendait plutôt lexpertise critique et la distance. Jai limpression que cette idée dengagement ne fonctionne plus en France et pas seulement en France dailleurs. » Tout se passe comme si un nouveau mur sétait dressé devant lintellectuel européen après 1989. Patrick Michel le définit comme « la difficulté que chacun éprouve à rendre enthousiasmant un projet politique déconnecté de lutopie. Celui, par exemple, quon a vu à luvre ces dernières années avec les expériences de Lionel Jospin ou de Tony Blair ». Trois doses de pragmatisme et une de mélancolie, « soyons réalistes... hélas » ! Le cocktail politique dune génération post-1989 convertie au pragmatisme nest pas du tout du goût de Slavoj Zizek. Sa simple évocation fait bondir le philosophe slovène, auteur il y a quelques mois dun savoureux article intitulé « Que veut lEurope ? ». « Je vais encore passer pour un stalinien , sagace cet insaisissable globe-trotter déniché à Londres, mais cette mélancolie dintellectuel de gauche pragmatique est la principale forme de trahison de la pensée aujourdhui. Je ne parle pas de trahison de lidéologie communiste, pour laquelle jai peu de nostalgie, mais de labandon de ce que lEurope nous a peut-être légué de plus précieux : lidée dune cause universelle à défendre. » On a jeté le bébé avec leau du bain : la fin des utopies a emporté avec elle toute idée démancipation, on ne rêve plus davenir meilleur pour la « condition humaine ». « Quel est le mot dordre du capitalisme aujourdhui ? demande Zizek. Cest : Travaillez, satisfaites bien sagement les exigences du marché, et offrez-vous pour tenir le coup un petit supplément identitaire comme on dirait un supplément nutritif . Faites votre boulot et cultivez votre lopin de particularisme la bouffe ethnique, par exemple, ou la musique corse. Le problème, cest que lorsquon abandonne toute pensée universelle de la condition humaine, on plonge illico dans la mélancolie. » Bronislaw Geremek se méfie lui aussi de la mélancolie : « Elle enrichit sans doute lindividu dans sa vie culturelle, mais elle le paralyse sur le plan politique. Cest un ferment de non-engagement. » Ni labstention aux élections, ni les valses-hésitations des intellectuels français depuis le début de la campagne présidentielle ne le contrediront. Elles nétonnent pas Slavoj Zizek qui sen remet à la psychanalyse pour faire son diagnostic : « Quand jétais jeune, on disait que le deuil était bon, et la mélancolie mauvaise : grâce au travail de deuil, on finit par accepter la perte, alors que dans la mélancolie, on développe un attachement pathologique à ce quon a perdu. Comme les intellectuels de gauche aujourdhui ! Convertis au réalisme, ils ont abandonné tout projet universel, mais ils conservent au fond un vieux rêve dengagement radical, un regret inconscient qui les rend mélancoliques. Attitude des plus confortables pour arrêter de penser le monde... » Un monde compliqué, qui ne se laisse plus quadriller par les vieilles catégories davant 1989. Qui peut dire aujourdhui si la Chine est un pays communiste ou un pays capitaliste ? « Le succès de lInde, remarque Bronislaw Geremek, semble une confirmation des valeurs libérales de lOccident, mais celui de la Chine amène à la conclusion exactement inverse : la prospérité économique est donc possible sans liberté ! » Quinze ans après 1989, lheure est donc toujours au grattage de tête. Peut-être nest-ce pas un mal, affirme Slavoj Zizek, car « lintellectuel européen a passé suffisamment de temps à essayer de changer le monde : le moment est [re]venu de le comprendre ». Votre ordonnance contre la mélancolie, docteur Zizek ? « Think. » . Olivier Pascal-Moussellard A LIRE
Telerama.fr - 13 Mars 2007telerama.fr L intellectuel européen doit-il renoncer à la mélancolie
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2007/baudrillard/emissions.php http://www.humains-associes.org/No6/HA.No6.Baudrillard.1.html
BAUDRILLARD Jean, Gallimard, 1970
Fiche de lecture réalisée par Florent Dauba (ENS Ulm)
Idées clés :
Remarques préliminairesJean Baudrillard propose ici une étude générale du procès de consommation dans les sociétés occidentales modernes. Dés lors lanalyse du corps comme objet de consommation, dune part, ne peut occuper quune place limitée dans sa réflexion, et dautre part reste dépendante de sa théorie de la consommation. Quelle est-elle ?
Le procès de consommation est analysé sous deux aspects fondamentaux :
Démocratie, information et représentation: Replique_internet_democratie.M3U :
Pour la première fois, une présidentielle se dispute également sur la Toile. Thierry Crouzet montre les formidables potentialités de cette nouveauté alors que Laurent Veillard et Philippe Boireaud expliquent comment mettre cet outil au service de laction militante.
Internet sert-il la politique ? par Thierry Crouzet puis par Laurent Veillard et Philippe Boireaud Cela change la façon de faire de la politique. Le 26 septembre 1960, pour la première fois
dans lhistoire, la télévision décida du sort dune élection présidentielle
américaine : John Kennedy se retrouva face à Richard Nixon et il le lamina devant 70
millions de téléspectateurs. Un demi-siècle plus tard, le monde change. Ce nest
plus la télévision qui fait les élections, mais internet. Le tableau est loin dêtre idyllique. La politique, cest traditionnellement
lart de gouverner la cité. Mais ce peut aussi être une autre définition :
laction (politique, syndicale, associative) de tout citoyen dans lespace
public. Dans lhistoire des démocraties, ces deux versants ont toujours cohabité.
Bien des lois nont été possibles que parce que des gens se sont engagés, ont
milité et créé des contre-pouvoirs.
Liberté, égalité, génétique par Ivan du Roy " Jinclinerais , pour ma part, à penser quon naît pédophile, et cest dailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a mille deux cents ou mille trois cents jeunes qui se suicident en France chaque année, ce nest pas parce que leurs parents sen sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, dautres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de linné est immense. " Ainsi pense Nicolas Sarkozy, dialoguant avec Michel Onfray dans Philosophie Magazine . Nous savions que lancien ministre de lIntérieur ne voulait voir, dans les actes de délinquance, que la responsabilité individuelle, ignorant la responsabilité sociale. Punir plutôt que prévenir, en niant tous les facteurs sociaux éducation, chômage, discriminations pouvant pousser une personne à commettre un délit. Nous savons aussi que le candidat de lUMP a étendu cette responsabilité individuelle à la réussite économique : " Travailler plus pour gagner plus. " Comme si précaires et bas salaires nétaient finalement quune horde de fainéants, méritant leur sort. Le possible futur président de la République vient de franchir une étape : pédophiles et suicidaires seraient donc génétiquement programmés à le devenir. Encore une fois, pour Sarkozy, lindividu est tout, la société nest rien. Cette évolution nest pas surprenante. Souvenez-vous de la loi sur la prévention de la délinquance, quand le ministre de lIntérieur, sappuyant sur un rapport contesté de lInserm et sur les élucubrations du député UMP Jacques-Alain Bénisti, souhaitait instaurer une détection précoce des troubles du comportement chez les très jeunes enfants. Sarkozy renoue avec un courant de pensée de la fin du XIXe siècle, les théories de lanthropologie criminelle qui prétendaient détecter chez certains individus une tendance naturelle au crime, impliquant linefficacité de la peine et lincurabilité du délit. Est-ce cela " la France daprès " ? On ne sait si le candidat proposera un dépistage systématique des nourrissons et lincarcération précoce des " pédophiles positifs ". Demain, Sarkozy nous expliquera-t-il quil incline à penser que les pauvres aussi sont porteurs dun ADN spécifique, que les politiques sociales ne servent donc à rien puisque la réussite professionnelle est génétiquement déterminée ? Une fois gravi le perron de lÉlysée, il prétendra peut-être que la richesse, elle aussi, semble héréditaire, inscrite dans les gènes des familles fortunées. Et que la fiscalité na pas à aller à lencontre des lois naturelles. Ces propos ne constituent pas un dérapage, mais bien une vision de lHomme et de la société. Elle est totalement incompatible avec les valeurs que TC défend depuis sa création, dans la résistance, alors quune certaine idéologie sétait emparée de la génétique pour hiérarchiser les populations et éliminer celles jugées déficientes. Plusieurs médecins, comme le généticien Axel Kahn ou le psychiatre Bernard Golse, rappellent que la génétique ne détermine pas un destin. Larchevêque de Paris, André Vingt-Trois, est également monté au créneau. Du côté des candidats, François Bayrou juge ces propos " glaçants " et " terriblement inquiétants ". À gauche, on reste étonnamment timide, Ségolène Royal laissant aux scientifiques le soin de répondre. à dix jours du premier tour, une question cruciale nous est posée : la victoire de Nicolas Sarkozy est-elle génétiquement déterminée ? In Temoignage Chrétien
Alain Garrigou, professeur de sciences politiques à Paris-X Nanterre "L'indécision est en partie une création des sondages" LEMONDE.FR | 12.04.07 | 17h16 Mis à jour le 12.04.07 | 18h10
Comment expliquez-vous la forte indécision des électeurs à moins de deux semaines du premier tour ? Ce sont les sondages qui notent une indécision inédite, qui concernerait 40 à 50 % des électeurs. Or il s'agit en partie d'une création des sondeurs, qui par peur de se tromper dans leurs estimations, et après la mésaventure de 2002, ont ouvert un grand parapluie : ils demandent désormais aux sondés s'ils sont sûrs de leur choix, ce qui encourage une réponse négative. Ils cherchent d'autant plus à se protéger que l'incertitude est cette fois très grande. Avec quatre candidats obtenant des intentions de vote à deux chiffres, on a presque autant de chance de trouver la bonne combinaison que de gagner au loto : il y a six duels possibles, douze ordres d'arrivée des deux premiers, vingt-quatre ordres d'arrivée des quatre. Alors que le but des sondages est d'obtenir une opinion sur tout, ils ont paradoxalement choisi cette fois, sans doute temporairement, d'accentuer l'indécision pour la rappeler, le soir du 22 avril, si leurs prévisions s'avèrent fausses.
Autre cause de l'indécision constatée : dans la situation actuelle d'afflux d'informations, avec beaucoup de candidats et un faible écart entre certains d'entre eux, les sondés s'y perdent un peu, et si on leur donne l'occasion de réserver leur choix, ils la saisissent. Peut-on parler de "volatilité" des électeurs, qui changeraient d'avis
jusqu'au dernier moment ? Cette théorie me paraît un alibi des sondeurs, pour justifier que leurs études
différent des résultats effectifs. Mais cela ne tient pas quand on constate que même
les sondages "sortie des urnes" effectués après le vote sont
faux. Les électeurs continuent de sous-déclarer leur vote. Quand Jérome Jaffré [directeur
du Cecop et chercheur associé au Cevipof] déclare que 20 % des sondés se décident
au dernier moment, il cite des sondages. Qui posent la question : pour qui allez-vous
voter ? A quel moment vous-êtes vous décidé ?, dans la ligne de la sociologie de la
décision des années 1960. Mais on est revenu sur ces théories, et tout un chacun
constate qu'il est difficile de dater une décision. Par ailleurs, dire qu'il peut changer
d'avis ou qu'il se décidera dans l'isoloir est une façon, pour le sondé, de ne pas
vraiment dire pour qui il veut voter. Les grandes enquêtes de sociologie électorale, qui
analysent le degré de réalité de la réponse, sont bien plus fiables. Mais elles sont
lourdes, les résultats sont publiés un ou deux ans après. Ce qui ne fait pas l'affaire
en période de campagne. Les sondages semblent très présents dans cette campagne. La Commission des sondages a indiqué la semaine dernière que l'on a passé le cap des 220 sondages, alors qu'il y en avait eu 193 pour toute la campagne 2002. Une inflation prévisible, car le nombre de sondages a augmenté avec les années. Pour plusieurs raisons : il y a de nouveaux commanditaires, notamment les opérateurs Internet, AOL, Orange, etc. ; il y a la concurrence entre instituts, pour qui ces études représentent de l'argent mais aussi de la notoriété, permettant d'obtenir plus tard des études de marchés ; enfin, les partis politiques se basent de plus en plus sur les sondages, faute de militants, et leurs collaborateurs sont plus à l'aise devant des tableaux statistiques, dans un bureau, qu'à discuter au café du coin... Les sondages offrent-ils une juste représentation de l'opinion ? De moins en moins de gens acceptent de répondre aux sondages, du fait de leur
abondance. Aux Etats-Unis, dès la fin des années 1980, le taux des non-répondants
augmentait de 1 % par an, d'autant que foisonnaient les sondages à vocation commerciale,
pour vendre portes et fenêtres. Les sondeurs ne veulent pas le dire, mais entre les gens
qui ne sont pas chez eux et ceux qui refusent de répondre, il faut passer 10 appels pour
avoir un entretien complet, selon les gens qui ont travaillé dans les centres de
téléphonie. Une estimation proche des statistiques aux Etats-Unis, où le taux de
non-réponse est de 85 %. Bien des gens ne souhaitent pas s'exprimer sur la politique, car c'est de l'ordre de
l'intime, qu'il y a une loi sur le secret du vote, et, pour certains, parce qu'ils savent
leur vote diabolisé. Le problème, quand le refus de répondre augmente, est qu'à un
moment les échantillons ne sont plus représentatifs politiquement, même s'ils le sont
socio-démographiquement. Il n'est pas prouvé que le champ des orientations politiques
des gens qui acceptent de répondre est le même que celui des gens qui refusent de
répondre. Si les instituts se sont toujours trompés sur le vote FN, c'est parce que leur
système de correction ne peut prendre en compte les refus de réponses. La semaine
dernière, Le Canard enchaîné donnait le coefficient de redressement pour
Jean-Marie Le Pen : les résultats sont multipliés par plus de trois, ce qui n'a plus de
sens. Quelles sont les effets des nombreux sondages sur la campagne ? Je parle d'ivresse des sondages, car il y a un phénomène d'addiction : plus il y en
a, moins on peut s'en passer. Et cela focalise l'attention sur le résultat de la
compétition. A savoir que tout tourne non sur ce qui se fait, mais sur ce qui va arriver.
Ce martèlement quotidien des sondages prend tout un chacun dans l'objectivité. Tout
individu qui a fait des statistiques sait que les chiffres après la virgule ne veulent
rien dire, mais on se focalise sur un résultat qui passe de 23 à 23,5 %. L'opinion est
la nouvelle instance de légitimation. Le grand piège, c'est qu'on passe complètement à côté d'une campagne de débat et d'argumentation. Le temps qu'on passe à scruter le positionnement de chacun dans les sondages, c'est du temps qu'on ne passe pas à penser au rôle du président et autres questions. Le résultat de 2002, c'est un pur produit de la croyance de Lionel Jospin dans les sondages, qui était si sûr qu'il a demandé à des élus socialistes de parrainer ses concurrents. Les sondages sont devenus la boussole des politiques, ils ne vont pas changer au milieu de la traversée... Le développement des sondages a-t-il modifié la façon de voter ? Avant, l'orientation du vote se faisait "sous un voile d'ignorance" :
on ignorait ce que pensait le voisin, on gardait son vote secret y compris pour ses
proches des hommes se vantaient que leur épouse ne savaient pas, et inversement.
Le guide était donc la conviction politique. Aujourd'hui, celle-ci n'a pas disparu, mais
l'électeur, qui croit savoir ce que les autres vont voter, décide aussi en fonction de
l'opportunité du vote et peut calculer. Il veut maximiser son vote, l'utiliser le mieux
possible. Ainsi, il peut faire évoluer l'ordre de ses préférences, entre le candidat
qu'il souhaite et celui qu'il ne veut surtout pas avoir par exemple. Certains, plutôt
dans les milieux très instruits, se livrent ainsi à un calcul sophistiqué avant de
voter. Le calcul est cette fois plus important qu'en 2002, car on baigne dans les
sondages.
Propos recueillis par Claire AnéLe Monde.fr Imprimez un élément
Dieu sur la Croisette par Luc Chatel Avoir soixante ans à Cannes, cest signe de jeunesse. Pour preuve, le festival de cinéma et sa célèbre Croisette sont plus vivants que jamais. Tout comme les images qui laccompagnent, couchers de soleil sur la Riviera, villas de rêves aux fêtes somptueuses, starlettes en bikini, actrices au pas ralenti par le sable fin et leurs robes de grands couturiers. Ces quinze jours approchent chaque année avec leurs frissons de scandale (le Pialat du Sous le soleil de Satan : " Je ne vous aime pas "), de découvertes ( Paris Texas de Wim Wenders, Barton Fink des frères Coen), dérotisme (Sophie Marceau, palme dor). Dans une époque revenue de tout, où lon fait rêver les jeunes gens à coup de " France qui se lève tôt ", d" ordre juste " et de " valeur travail ", le Festival de Cannes fait de la résistance. Ses promesses de légèreté ont encore nos suffrages. Mais à se pencher avec minutie sur lhistoire du palmarès et les grandes heures du festival, apparaît une lecture moins glamour et cependant révélatrice, pour une bonne part, de sa réussite. La Croisette fut un haut-lieu de spiritualité chrétienne. Précisons demblée : nous ne parlons pas ici dévangélisation, de croisades ou de catéchisme, mais de questionnements, de doutes, de concepts, démerveillements propres aux religions chrétiennes. Comment parler en effet de Rossellini, Bergman, Fellini, Bunuel, Pasolini, Tarkovski, Scorcese, De Palma, Pialat, Godard, Wim Wenders, Roland Joffé, Lars von Trier, Moretti, Almodovar sans évoquer les thèmes du dévoilement, de la révélation, de lincarnation, de la résurrection ? Comment ne pas voir ces foules de personnages qui hantent le Palais des festivals : les prêtres, les mystiques, les Marie-Madeleine, les vierge-Marie, les mendiants, les lépreux, les prophètes, les anges ? Parce quil est un concentré du cinéma occidental, parce que le cinéma est aussi un miroir, parce que ce miroir nous renvoie nos dettes et nos règlements de compte à légard du christianisme, le festival de Cannes a connu de grandes heures spirituelles. Qui furent aussi parfois celles du scandale. Et qui tendent ces dernières années selon certains observateurs à seffacer au profit dune nouvelle esthétique. De Rossellini à Tarantino, Cannes nous invite à une magnifique réflexion sur un demi-siècle de spiritualité en grand écran. Expression chrétienne Il faut rendre à Rome ce qui lui revient, lItalie se classe très nettement au premier rang des pays accoucheurs de cinéastes taraudés par le christianisme. Et qui ont écrit quelques unes des plus grandes pages de lhistoire du festival. 1946, première édition, premier géant : Rossellini. La Palme dor nest pas encore la récompense suprême, cest le Grand prix, quobtient le maître du néo-réalisme avec Rome, ville ouverte, ex-aequo avec dix autres films (lire p. 23). Côté coulisses, ce film sera à lorigine de lune des plus grandes histoires damour du cinéma puisque cest en le découvrant aux Etats-Unis quIngrid Bergman demandera à rencontrer Rossellini et à travailler avec lui. " Rome ville ouverte nest pas un grand film chrétien, mais cest lexpression peut-être la plus parfaite des valeurs chrétiennes, commente Jean Collet, lun des plus grands critiques français, qui écrivit notamment pour la revue Études. Il y a à travers lhistoire de ces Résistants pris par les Allemands histoire qui renonce au triomphalisme de la résistance, qui nous soumet à la problématique de léchec une vive humanité qui nous rapproche de la Passion du Christ. Le thème de la résurrection éclate dans la dernière scène où lon voit le prêtre assassiné derrière les barbelés, et, de lautre côté, des enfants qui repartent vers Rome, avec la basilique Saint-Pierre bien en vue, comme un incontournable message despérance et de renaissance. " En 1955, Jacques Rivette écrivait dans Les Cahiers du cinéma, à propos du réalisateur italien : " Rossellini nest pas seulement chrétien mais catholique, cest à dire charnel jusquau scandale ( ) ; mais le catholicisme est par vocation une religion scandaleuse. Que notre corps aussi participe au mystère divin, à limage de celui du Christ, voilà qui nest pas du goût de tout le monde, et il y a décidément dans ce culte, qui fait de la présence charnelle lun de ses dogmes, un sens concret, pesant, quasi sensuel de la matière et de la chair, qui répugne fort aux purs esprits : leur " évolution intellectuelle " ne leur permet plus de participer à daussi grossiers mystères. " Lun des co-scénaristes de Rome ville ouverte nétait autre quun certain Federico Fellini. Sil devait rester un nom à graver en lettres dor au fronton des palaces cannois, ce serait sans conteste le sien. En 1960, il obtient la Palme dor avec La Dolce Vita et suscite un formidable séisme, dont les amateurs de cinéma ne sont pas encore remis. Pour le plus grand nombre, ne reste que cette image mythique dAnita Ekberg prenant un bain de minuit dans la fontaine de Trévi. Mais on ne saurait réduire ce chef duvre à ses provocations érotiques. Le film enchaîne allègrement les références chrétiennes dont lérotisme fait pleinement partie, versant lumineux dune jouissive incarnation. Dune part pour les remettre en cause, les bousculer, à la manière de cette statue du Christ qui apparaît en plein ciel, portée par un hélicoptère, sur les premiers plans. Souvenons-nous de la première phrase du film, prononcée par des jeunes femmes en train de se faire bronzer en terrasse, découvrant, blasées, cette statue volante : " Tiens, cest Jésus ! ". Provocation, aussi que cette longue scène dattroupement autour de deux enfants qui auraient vu la Madone, et qui se conclue par la mort dun enfant malade que sa mère avait amené là, sous la pluie, en espérant une guérison. Moquerie encore que cette interminable montée des marches de Saint-Pierre de Rome par une Anita Ekberg habillée en prêtre. Mais que nous dit Fellini dans ce film, si ce nest la vacuité dun monde où, à la manière des paparazzi et de leur meneur, ce journaliste mondain doublé dun écrivain frustré (Marcello, incarné par Marcello Mastroiani), lon ne trouve plus le temps de souffler, de respirer (le père de Marcello faillit même y laisser la vie), où lon chasse les images sensationnelles (effrayant attroupement de photographes autour dune femme apprenant la mort de son mari), où lon repousse les limites du jour dans dinterminables fêtes qui se concluent en orgies et gueules de bois. Formidable scène finale où les fêtards se retrouvent en bord de mer, devant un poisson échoué sur le rivage (aucun miracle ne se produit ), et où Marcello séloigne du groupe, apercevant sur un autre rivage cette jeune fille au visage dange croisée quelques jours avant, qui semble lappeler et le verra finalement repartir vers ses matins glauques. " Avec ce film, Fellini est prophétique, remarque Jean Collet, auteur dun ouvrage de référence sur le réalisateur (1). Non seulement il invente le terme de paparazzi, mais il annonce ce monde de limage, de la surmédiatisation. Un monde de désordre et de vide, qui donne envie dautre chose. En faisant sétirer en longueur certaines scènes rappelons que le film dure trois heures , il donne limpression de quelque chose de visqueux, de pâteux dans lequel pataugent tous ces personnages qui tournent en rond. Aucun film ne décrit aussi bien les malaises du monde moderne. Et la force de Fellini est de filmer cela sans démonstration, sans esprit moralisateur. À la manière dun franciscain, il nous offre une parole tremblante, pas un prêche. Tout se devine, se dessine à travers lerrance. Dans cet univers de désordre, aucune rencontre naboutit, aucune parole humaine de vérité ne peut se faire entendre. Or la première des valeurs chrétiennes est de dire la vérité. Cest la révélation. " Parmi les nombreux entretiens quaccorda Fellini, il reconnaissait volontiers ses sources dinspiration, et la profondeur de ses intentions : "Si par chrétien, vous entendez une attitude damour envers son prochain, il me semble que oui, tous mes films sont axés sur cette idée. Cest Dieu quon entrevoit, avec son amour et sa grâce, comme une exigence impérieuse de lâme. " (2) Je reste athée grâce à Dieu Avant ce coup de tonnerre fellinien, quelques cinéastes devenus tout aussi incontournables avaient fait souffler une tornade chrétienne sur le festival, en suscitant chaque fois plus de troubles et dinterrogations que de certitudes et dappels à vocation. En 1956, le fils dun pasteur luthérien suédois se fait connaître aux yeux du monde en projetant sur la Croisette Sourire dune nuit dété, qui obtient le prix de lhumour poétique. Si lon retrouve les mêmes interrogations sur lamour du prochain, le style de Bergman sera radicalement différent de celui dun Fellini. " La problématique de Bergman est dominée par une morale intérieure exigeante et focalisée sur une interrogation métaphysique abstraite, qualimente une réflexion obstinée sur le sens de la vie et lexistence dun créateur ", écrit Roland Schneider (3). Bergman, lui, naura jamais la Palme dOr. Tout comme lItalien Pasolini, qui se classe, avec son compère espagnol Buñuel dans le clan des anti-cléricaux autoproclamés, mais qui nont cessé de mettre en scène et de transgresser pour mieux la dépasser liconographie catholique. Mêlant et démêlant la passion, ces deux-là sauront pourtant lever lenthousiasme de linstitution : notamment avec LEvangile selon saint-Matthieu pour Pasolini, récompensé par le Prix de lOffice catholique du cinéma, comme a failli lêtre Nazarin, de Buñuel, qui obtint le Prix international du festival en 1959 avec cette histoire dun prêtre rejeté par linstitution pour avoir aidé une prostituée. Buñuel déclenche lallergie du même Office, en obtenant pourtant la palme dor 1962 avec Viridiana, récit dune religieuse quittant le couvent et retrouvant un vieil oncle pervers. Tandis que " Salo ou les 120 journées de Sodome " de Pasolini, censuré en Italie, nen a toujours pas fini en 2007 avec des nausées et réactions haineuses. A la sortie de Nazarin, Bunuel eut cette formule devenue célèbre : " Je reste athée, grâce à Dieu ". Pasolini : " Je sais quil y a en moi deux mille ans de christianisme : jai construit avec mes ancêtres les églises romanes, les églises gothiques et les églises baroques : elles sont mon patrimoine, dans leur contenu et dans leur style. Ce serait folie de nier la force de cet héritage qui est en moi. " (4) Lhéritier flamboyant Almodovar Si les cinéastes présents sur la Croisette semblent toujours sinspirer de cet héritage (dont la mémorable palme dor dun autre athée remuant, Maurice Pialat avec Sous le soleil de Satan), il apparaît cependant que la démarche dun Rossellini ou dun Fellini tend à disparaître. Un cinéma du tâtonnement, de la quête incertaine dun mystère invisible, du dévoilement délicat et tremblant dune beauté qui donnerait un sens à nos vies, qui nous familiariserait avec la mort, faisant naître, pourquoi pas, lespoir dune vie prolongée, transformée. Pedro Almodovar est sans conteste un héritier flamboyant de cette poésie, mais Cannes rechigne à lui rendre hommage. Thierry Jousse, réalisateur et ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, marque le changement dépoque avec lentrée dans une période teintée de nihilisme : " En reprenant la formule dAndré Bazin, on pourrait dire que le cinéma fonctionne de moins en moins selon des principes moraux, explique-t-il. La question de la révélation a cédé la place à la manipulation des émotions, la perte des repères esthétiques. " Selon lui, Apocalypse Now de Coppola en 1979 marque la fin dune époque. " Il y a encore dans ce film des questionnements, des voyages intérieurs. Mais en filmant la guerre de façon carnavalesque, Coppola donne le sentiment que tout a déjà été dit au cinéma. Linvisible, le hors-champ ne sont plus dactualité. " Seconde étape, avec lun des chouchous de la Croisette, David Lynch, palme dor en 1990 avec Sailor et Lula. " Lynch est encore travaillé par lésotérisme et la métaphysique, et un rapport à une certaine forme de morale. Il abandonne cependant toute idée dincarnation, faisant de ses personnages des marionnettes. Il est flagrant de voir que Nouvelle vague, de Godard, faisait partie de la même sélection, à Cannes, et quil na pas eu la Palme, alors quil était porteur de questionnements spirituels. " Mais lanti-Rossellini, pour Thierry Jousse, cest Tarantino. " Avec Pulp Fiction, il congédie la question du Mal et de la représentation de la violence. Ce film est un réservoir de codes avec lesquels il joue à linfini. Or la violence est plus que jamais présente dans nos sociétés et il serait intéressant de voir émerger de nouveaux cinéastes iconoclastes. " (1) La création selon Fellini, Jean Collet, éditions José Corti (2) Propos de Fellini, éditions Buchet Chastel. (3) Auteur dun article " la spiritualité écorchée de Buñuel et Bergman " dans le numéro "Christianisme et cinéma" de la revue Cinémaction (1996). (4) Pasolini, une vie, éditions de la Différence Copyright © Témoignage chrétien 2006
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